Le commencement de la suite

La reprise, enfin. Depuis la rentrée de septembre je n’avais travaillé qu’une semaine, tout cumulé. Une reprise-plus-en-douceur-que-ça-tu-meurs (d’ennui) puisque mon remplaçant ayant été nommé jusqu’aux vacances, nous sommes actuellement deux profs pour un même poste (la logique de l’éducation nationale, surtout ne pas chercher à comprendre). Depuis lundi j’ai donc la chance d’expérimenter le co-enseignement. Et le bonheur de retrouver mes petits élèves.

La fatigue. Tout le temps. Malgré les siestes quotidiennes d’1h30. Passé 21h je ne suis plus bonne à rien.

La schizophrénie. Entre l’envie de regarder le long terme (du coup le congé maternité il commencera quand ? Ah le week-end à Paris début juin ce ne sera pas judicieux ça, à 1 semaine du terme je pense qu’on va éviter) et la résolution butée de surtout ne pas trop se projeter avant la prochaine écho.

L’anniversaire de Jul, la semaine dernière. Et ce cadeau, un peu bateau c’est vrai, mais c’était le lendemain de notre rencontre avec le petit cœur qui clignote alors j’ai pas pu m’empêcher.

Cahier-d-exercices-pour-papa-debutant

Le mal de ventre. Souvent. Qui me fait sourire au début parce qu’il me rappelle que le petit coeur est là, et puis qui m’inquiète un peu, à force.

L’inquiétude justement. Pas d’écho avant le 21 novembre, à 12SA tout pile. Et la peur de ne plus voir battre le petit cœur. « Tu le sentirais s’il y avait un problème » me rassure Jul. Une fausse-couche oui, je la sentirais. Mais si le petit cœur s’était arrêté de battre, si la croissance avait brusquement cessé ?

La tristesse. Je vous ai parlé de mon amie Aliénor, des mauvaises nouvelles qui lui sont tombées dessus à 5 mois de grossesse passés. Je tremble en attendant de ses nouvelles, j’ai mal et j’ai peur pour elle.

Un texto. Une petite photo d’écho, accompagné d’un « It’s a boy ! » Fierté de me réjouir sincèrement, enfin. Et puis calculer, réaliser que si ce n’est pas un C1 ce n’est pas loin, et finalement le ressentir quand même, ce petit pincement. Penser enfin et surtout à Aliénor, qui a dû recevoir ce même texto.

L’agacement. Pour mes collègues, ça ne fait pas un pli, j’ai fait une FIV, donc je suis enceinte. D’ailleurs c’est pour ça que j’étais absente si longtemps, non ? J’ai l’impression qu’on me prive du droit des fertiles de taire mon premier trimestre. Alors je mens. J’affirme qu’à cause de l’hyperstimulation le transfert a été reporté, que nos petites bulles nous attendent au congel. Un tout petit mensonge. Un peu pour me protéger en cas de mauvaise surprise, beaucoup pour garder ce secret rien que pour nous quelques semaines encore.

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Vendredi 13

Vend. 13 octobre 2017 à 18h14

De : Maman

Objet : TR : bonne nouvelle

Aurore attend un petit garçon, elle en est à la fin du troisième mois. Même si nous savons que cette grossesse n’est pas des plus sereines, nous essayons de saisir les instants de bonheur. Tout se passe physiologiquement bien, mais il y a une douleur mentale toujours aussi présente.

Nous vous embrassons,

A. et M. (les parents d’Aurore)

***

Vend. 13 octobre 2017 à 21h45

De : Aliénor

Salut ! Comment ça va chez vous ? Bon nous ça va pas franchement mais je voulais te tenir au courant quand même. La grossesse ne se passe pas bien, ils ont vu pas mal d’anomalies à l’échographie du coup j’ai dû faire une amniosynthèse mercredi. On attend les résultats (ça peut prendre plusieurs semaines) mais on se profile peut-être (probablement) vers une IVG thérapeutique. Voilà… Bisous

Petit coeur

Arrivés en retard et essoufflés au Grand Hôpital. Je frappe à la porte des sages-femmes « Bonjour, je viens pour une visite de contrôle suite à une hyperstimulation. » Sourires, prises de sang, 4 tubes.

Pas besoin d’attendre les résultats, l’interne vient nous chercher pour l’échographie. Table d’examen, étriers, cuisses écartées. Jul s’installe derrière moi, face à l’écran. J’ai juste le temps de me dire que je suis contente que ce soit cette interne, qu’elle va commenter tout ce qu’elle voit. « Tenez, regardez, on voit l’embryon, il est bien dans l’utérus. » Première larme. « Il mesure presque 3 mm, non presque 4. Vous voyez ce petit point qui clignote là ? C’est son cœur. » Deuxième larme.

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En apnée

De retour chez moi. Concrètement ça veut dire que j’ai quitté mon lit d’hôpital pour mon canapé. Mes journées ne sont pas plus actives, mais j’ai retrouvé les bras de Jul la nuit et ça ça change tout.

Il paraît que je suis enceinte (j’ai eu envie d’écrire « pour l’instant »). Hier mon taux de ß-hCG était de 1051. Moi ça me paraissait un peu faible vu que normalement il aurait dû être de 1600 la veille, mais les médecins du service PMA avaient l’air content alors j’ai décidé de leur faire confiance.

Mercredi j’ai rendez-vous à l’hôpital pour un suivi de mon hyperstimulation. Ce sera pile un mois après la ponction. Il paraît que ma bulle sera suffisamment grosse pour qu’on la voie à l’échographie, c’est ce que m’a dit le médecin. Elle m’a aussi dit des trucs étranges, comme quoi ce sera aussi l’occasion de discuter de mon suivi de grossesse, de savoir si je veux le faire au Grand Hôpital ou ailleurs… des informations que mon cerveau a du mal à imprimer. Un manque d’oxygénation peut-être.

Tu crois que mercredi j’arriverai à retrouver une respiration normale ?

Hyperstimulation, acte 2

La gynéco de garde au téléphone : « effectivement, +3kg en 3 jours ce n’est pas normal. Passez nous voir qu’on fasse le point »

Le médecin des urgences : « bon… on va vous garder. »

L’aide soignante : « mais je vous connais, vous ! Vous étiez la chambre 538 en début de semaine. On vous manquait à ce point ? »

Jul : « elle est bien ta nouvelle chambre, plus spacieuse que l’ancienne. Tu vas être bien là s’ils te gardent toute la semaine »

Y croire encore (ou le troisième taux)

« S’il te plaît, ne pleure pas. J’ai besoin que tu y croies. »

Mercredi après-midi, c’est un zombie que Jul a ramené de l’hôpital. L’impression que plus rien ne m’atteignait, ne me faisait sourire ni ne me faisait pleurer. Mode émotions off.

Et puis une fois couchés, deux larmes, et cette phrase de Jul « S’il te plaît, ne pleure pas. J’ai besoin que tu y croies. »

C’est pour lui que j’ai décidé d’y croire, au moins pour 48h. Deux journées supplémentaires d’attente, comme un sursis. Ne pas penser au lendemain. Et ce matin, c’est main dans la main que nous sommes allés faire la prise de sang. Nous promettant mutuellement que tout irait bien, et faisant semblant de croire l’autre.

A la façon dont Jul m’a broyé la main à l’appel de la sage-femme, j’ai bien vu qu’il avait aussi peur que moi.

400ui. Comme a dit la sage-femme « ce n’était pas la peine de s’inquiéter autant ».

Deuxième taux

Troisième jour d’hospitalisation. Je tenais le coup. Malgré la solitude des nuits. Malgré le bassin dans lequel je dois faire pipi avant de le transvaser dans un récipient gradué que les infirmières viennent relever toutes les 4h. Malgré les injections de lasilix à 5h du matin, diurétique efficace qui m’envoie remplir puis transvaser mon bassin 5 fois dans l’heure qui suit l’injection. Malgré l’aide soignante qui dit « je vous ai pris des chaussettes de contention plutôt que des bas, je me suis dit que vous préféreriez » (euh moi je préférerais rien du tout…). Malgré les traits au marqueur sur mon ventre pour reprendre la mesure du tour de taille au même niveau. Malgré l’infirmière qui ne trouve plus une seule veine pour me piquer : ni dans le pli du coude, ni dans l’avant-bras, ni sur le dos de la main. Je tenais le coup grâce aux sourires des infirmières. Grâce aux encouragements des aides-soignantes (« -1cm de tour de taille, c’est super ! »). Grâce aux visites de mon chéri deux fois par jour les bras chargés de livres et de chocolat.

Je tenais le coup, jusqu’à la visite de la gynéco il y a 1h. Nouveau taux : 179. « Ça ne veut rien dire, ça peut être à cause de l’hyperstimulation que ça n’a pas tout à fait doublé. Votre corps est tout chamboulé. » Je ne fais même pas semblant de la croire. Pas tout à fait doublé ? Il était de 145 il y a 48h.

PS : j’ai rédigé ce texte il y a quelques heures. Entre temps, j’ai eu l’autorisation de rentrer chez moi, je le publie donc depuis mon canapé. Prochain dosage dans 48h. Je n’ose plus y croire. J’ai le moral dans les chaussettes -pardon, les bas de contention. 

Hyperstimulation 

Le ventre qui gonfle. De plus en plus. La sensation désagréable que ça tire. Désagréable puis douloureuse. Marcher est difficile. Se tenir debout est difficile. Puis allongée. Cinq heure du matin, plus personne ne dort. Jul qui craque « je t’emmène aux urgences ». Prises de sang. Attendez les résultats. L’échographie qui montre beaucoup d’eau dans l’abdomen. L’infirmière : on a reçu vos bêtas, ils sont à 145. Vous ne le saviez pas ? Enceinte. Enceinte ? Le médecin des urgences : on va vous hospitaliser. L’infirmière du service gynécologie : on va vous garder quelques jours, une semaine peut-être. La gynéco de PMA : c’est un début de grossesse qui a provoqué l’hyperstimulation.  L’aide soignante, toutes les 4h : je viens vérifier vos urines. Mal au ventre. Jul : je vais rentrer, bonne nuit, sois courageuse. L’infirmière de nuit : je reviendrai à minuit et 4h du matin. Bonne nuit. Toute seule. Dormir, mais comment ? Mal au ventre. Enceinte. Pour l’instant 🤞🤞

Deux bulles

Elles sont là, bien au chaud depuis hier matin. Deux petites bulles d’espoir, l’une « parfaite » et l’autre « un peu moins parfaite » dixit la biologiste.

Quant à savoir si sur les 15 bulles surnuméraires certaines ont pu rejoindre un congélateur, mystère. Pas de congélation hier, « on verra demain » m’a dit la biologiste.

Elles sont là bien au chaud et déjà j’ai peur. Je croyais que la culture embryonnaire passée je retrouverais un peu de sérénité, c’est raté. La FIV 1 est une cicatrice qui ne s’efface pas.

À la peur de l’échec s’ajoute celle de l’hyperstimulation. Depuis hier mon cœur s’emballe périodiquement dans des épisodes de tachycardie. Hier soir, crise de panique en passant devant un miroir : mon ventre a encore gonflé, non seulement le bas du ventre mais jusque sous les seins. Ajoute à cela que j’avais un peu de fièvre, Jul était à deux doigts de m’emmener aux urgences.

Nous avons finalement décidé qu’une nuit de sommeil me serait plus profitable que la visite des urgences du Grand Hôpital un samedi soir (il était 22h). Aujourd’hui le ventre reste gonflé mais il ne l’est pas davantage, mon cœur ne s’emballe pas plus, et surtout je n’ai pas particulièrement mal.

Pour être tout à fait honnête, la seule chose qui m’a préservée d’une deuxième crise de panique aujourd’hui, ce sont les forums doctissitruc (comme quoi, tout arrive), et les nombreux témoignages qui confirment que l’hyperstimulation, certes c’est pas cool, mais ça ne signifie pas nécessairement l’échec du transfert. Je continue donc de couver mes deux bulles, tout en scrutant mon ventre et en prenant mon pouls toutes les dix minutes.

FIV 2 : des nouvelles de nos embryons

Elle avait dit « je vous rappelle demain entre 11h et 15h ». Elle a appelé à 15h24. La biologiste joue avec mes nerfs.

Elle m’a dit « Les embryons continuent d’évoluer, il y a un petit peu de fragmentation. » Comme ce n’était pas très clair pour moi (comprendre : elle m’avait parlé chinois) j’ai un peu insisté. Mais ils sont toujours 17 ? On a une idée de leur qualité ? Verdict : ils sont toujours 17, et « il y en a qui sont de meilleure qualité que d’autres. » J’ai compris que je n’en saurais pas plus, durée de l’appel : 2 minutes. « Je vous rappelle demain. »

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FIV 2 : Jusqu’ici tout va bien…

Il y a eu les mots de Jul : « Moi j’y crois tu sais. Je suis sûr que cette fois c’est la bonne. De toute façon on est tous les deux nés une année paire, alors ce bébé ne peut naître que l’année prochaine, c’est pas possible autrement. »

Il y a eu les mots de la biologiste : « Sur les 20 ovocytes mûrs injectés, nous avons 17 embryons aujourd’hui (à J2). Le transfert devrait être samedi (à J5). D’ici là, surtout, reposez-vous bien. »

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La ponction, deuxième édition (on prend les mêmes…)

Vous êtes nombreuses à me l’avoir rappelé hier, C’est la qualité qui compte, pas la quantité.

Dommage, parce que question quantité, on a encore été bien servis. 24 ovocytes prélevés, 18 mûrs injectés et peut-être encore 3 qui mûrissent au chaud dans un incubateur.

Alors bien sûr on est contents, 18 (ou 21) embryons potentiels on sait que c’est merveilleux, mais de là à dire qu’on est sereins…

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Ponction : H-quelques heures

Demain matin c’est la ponction. Je ne suis pas vraiment stressée, même s’il y a un peu d’appréhension. En mars j’ai très bien supporté l’anesthésie générale, au point que les infirmières étaient surprise de la rapidité avec laquelle j’étais sur pied (par contre bonjour les douleurs au ventre dans les jours qui ont suivi !). Demain ce sera de nouveau une AG, donc pas vraiment d’inquiétude de ce côté là.

Pour être honnête, je ne sais pas trop quoi attendre de cette ponction. Je sais qu’en dessous de 24 ovocytes matures je serai déçue, j’ai donc logiquement peur d’être déçue. Et je sais que même si j’approche ce score, rien ne sera gagné. C’est dans les jours suivants que tout se jouera : est-ce qu’il y aura des embryons, est-ce qu’il en restera à J5, est-ce qu’il y en aura au moins un (ou deux, ou trois) suffisamment beau pour être congelé, est-ce que, est-ce que ?

Non vraiment, cette fois ce n’est pas la ponction qui me stresse.

La rentrée à moitié

Neuvième rentrée. J’ai toujours vécu mes rentrées comme un moment décisif, une période qui donnerait le ton pour toute l’année à venir. Mais cette année je n’y suis pas.

Je n’ai pas la tête à ma rentrée parce que la FIV. Je n’ai pas la tête à ma FIV parce que la rentrée.

Nouvel emploi du temps, nouvelle salle, nouveaux élèves. Nouveau traitement, Puregon, 125UI. Ça commence à bien tirer dans le bas-ventre, je n’ai pas l’impression que ça me faisait ça avec le Gonal, mais peut-être qu’on oublie. Une collègue hier, « tu es sûre que ça va ? J’ai remarqué que tu posais souvent les mains sur le ventre. »

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Le chemin

FIV2. Après trois semaines de blocage, hier soir, première injection de puregon. Nouveau produit, le stylo-seringue est un peu différent de celui du gonal, et pourtant que tout cela me paraît répétitif…

Pour comparer les dates, les sensations, je remonte les posts de ce blog. Et puis, d’article en article, je remonte le fil, jusqu’au début.

À l’origine de ce blog, il y avait Sol et son envie dévorante d’être enceinte. Sol qui comptait ses cycles, qui prenait sa température tous les matins, qui scrutait chaque signe de son corps et qui pleurait chaque mois quand finalement ses règles revenaient. Que cette Sol là me paraît loin aujourd’hui, et qu’elle est différente de moi !

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Paroles en l’air – été 2017

« Je ne comprends même pas qu’on vous ait fait venir, c’est typiquement le genre de rendez-vous qui ne sert à rien. »

l’anesthésiste, en juillet dernier, l’air franchement dépité. Seule modification au questionnaire rempli lors du précédent rendez-vous : il raye la ligne Nombre de grossesses : 0 et ajoute à côté la mention « geu ».

* * *

« Je ne sais pas si tu sais que j’ai fait enlever mon stérilet ? Avec l’obtention de mon concours, c’est le moment, et puis je crois qu’on en a envie. »

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Trente-et-un

Aujourd’hui, j’ai 31 ans.

Depuis hier, je suis dans mon 31ème cycle d’essai.

J1 étant officiellement arrivé, j’ai enfin pu lancer les préparatifs de la FIV2. Achats de traitements, prises de RDV, planning prévisionnel. Demain je vois l’anesthésiste. Et ensuite, vacances, direction l’Italie. Dans un mois, soit 31 jours environ, je reprendrai le chemin du Grand Hôpital. Et en attendant… à moi la dolce vita.

Hagiographie

Un jour férié, un long weekend, trois heures de TGV, l’apéro en terrasse, comme un air de vacances… J1 lui aussi en vacances, s’est fait la malle pour une destination lointaine… Au compteur aujourd’hui J42. Dis, Jul, tu crois que je suis enceinte ?Impossible : tes seins sont beaucoup trop petits.

Fête nationale, la cité s’embrase. À J43, je ne sais plus à quel saint me vouer. Belle-maman, vous auriez de l’infusion de persil ?

Grasse matinée, le téléphone qui sonne, Aliénor. Jouer la surprise Oh Ali, je suis si heureuse pour vous ! raccrocher et à J44 se prendre à rêver… cet espoir fou, renouvelé pour la trentième fois, est-ce vraiment sain ?

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Les petits riens

Aujourd’hui, la fille de mon amie Laureline a 2 ans.

Tout à l’heure, j’ai lu sur le blog de mon amie Aliénor, professeure documentaliste et passionnée de littérature jeunesse, qu’en ce moment elle est trop fatiguée pour bloguer, et même trop fatiguée pour lire. A ma connaissance, ça ne lui est arrivé qu’une fois. C’était il y a tout juste 3 ans.

Des petits riens

C’est à ces petits riens que je mesure combien le temps a passé depuis l’époque où Aliénor, Laureline et moi pensions vivre nos grossesses en même temps.

Histoire sans fin

C’est l’histoire d’une fille qui s’appliquait tellement à être en pause qu’elle ne s’était pas rendu compte que c’était la fin de la pause.

C’est l’histoire d’une fille, control freak du retroplanning PMA, qui apprend avec surprise qu’on est déjà en juillet. C’est l’histoire d’une fille qui ne s’attendait pas à entendre son homme lui dire J’ai eu l’andrologue au téléphone, pour moi tout est bon, il faut que tu appelles la gynéco pour tes traitements. C’est l’histoire d’une fille qui pour la première fois depuis 3 ans a dû ouvrir son agenda pour savoir où elle en était de son cycle. C’est l’histoire d’une fille qui constate avec surprise que J1, ça aurait dû être hier. C’est l’histoire d’une fille qui ressort du placard la boîte où sont cachés les médicaments restants de la précédente tentative, la boîte qu’elle a l’impression d’avoir rangée hier. C’est l’histoire d’une fille qui a reçu ses ordonnances, qui n’attend plus que J1 pour remplir son frigo et ses placards de nouveaux traitements.

C’est l’histoire sans fin d’une fille qui attend J1.