Trente-et-un

Aujourd’hui, j’ai 31 ans.

Depuis hier, je suis dans mon 31ème cycle d’essai.

J1 étant officiellement arrivé, j’ai enfin pu lancer les préparatifs de la FIV2. Achats de traitements, prises de RDV, planning prévisionnel. Demain je vois l’anesthésiste. Et ensuite, vacances, direction l’Italie. Dans un mois, soit 31 jours environ, je reprendrai le chemin du Grand Hôpital. Et en attendant… à moi la dolce vita.

Hagiographie

Un jour férié, un long weekend, trois heures de TGV, l’apéro en terrasse, comme un air de vacances… J1 lui aussi en vacances, s’est fait la malle pour une destination lointaine… Au compteur aujourd’hui J42. Dis, Jul, tu crois que je suis enceinte ?Impossible : tes seins sont beaucoup trop petits.

Fête nationale, la cité s’embrase. À J43, je ne sais plus à quel saint me vouer. Belle-maman, vous auriez de l’infusion de persil ?

Grasse matinée, le téléphone qui sonne, Aliénor. Jouer la surprise Oh Ali, je suis si heureuse pour vous ! raccrocher et à J44 se prendre à rêver… cet espoir fou, renouvelé pour la trentième fois, est-ce vraiment sain ?

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Les petits riens

Aujourd’hui, la fille de mon amie Laureline a 2 ans.

Tout à l’heure, j’ai lu sur le blog de mon amie Aliénor, professeure documentaliste et passionnée de littérature jeunesse, qu’en ce moment elle est trop fatiguée pour bloguer, et même trop fatiguée pour lire. A ma connaissance, ça ne lui est arrivé qu’une fois. C’était il y a tout juste 3 ans.

Des petits riens

C’est à ces petits riens que je mesure combien le temps a passé depuis l’époque où Aliénor, Laureline et moi pensions vivre nos grossesses en même temps.

Histoire sans fin

C’est l’histoire d’une fille qui s’appliquait tellement à être en pause qu’elle ne s’était pas rendu compte que c’était la fin de la pause.

C’est l’histoire d’une fille, control freak du retroplanning PMA, qui apprend avec surprise qu’on est déjà en juillet. C’est l’histoire d’une fille qui ne s’attendait pas à entendre son homme lui dire J’ai eu l’andrologue au téléphone, pour moi tout est bon, il faut que tu appelles la gynéco pour tes traitements. C’est l’histoire d’une fille qui pour la première fois depuis 3 ans a dû ouvrir son agenda pour savoir où elle en était de son cycle. C’est l’histoire d’une fille qui constate avec surprise que J1, ça aurait dû être hier. C’est l’histoire d’une fille qui ressort du placard la boîte où sont cachés les médicaments restants de la précédente tentative, la boîte qu’elle a l’impression d’avoir rangée hier. C’est l’histoire d’une fille qui a reçu ses ordonnances, qui n’attend plus que J1 pour remplir son frigo et ses placards de nouveaux traitements.

C’est l’histoire sans fin d’une fille qui attend J1.

 

La vie sans l’attente

« En fait, ce weekend, j’étais sûrement la seule femme sous pilule. » Sur la route du retour, cette remarque de mon amie Laureline.

Nous comptons ensemble les femmes de notre petite bande : depuis plusieurs mois L. est une véritable PB, de celles qui ne voient plus le monde qu’à travers leur gros ventre. À tel point que je trouve ça déplacé pour E., 6 ans de mariage et au moins autant d’attente. Aliénor, elle, m’a gentiment prévenue que son petit garçon de 2 ans et demi n’allait plus rester fils unique très longtemps. Un regard complice entre G. et son chéri nous suffit à Jul et moi pour comprendre. Le doute persistait pour E. et son fiancé, mais les photos de la maison avec jardin et la promesse d’une crémaillère en août finissent de nous convaincre que c’est pour bientôt. Même la mariée qui nous a tous réunis ce weekend, rayonnante sous les flash de la photographe, ses deux garçons de part et d’autre de sa robe blanche, n’a jamais caché son envie d’un petit troisième.

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Histoires de familles (2)

Mai. Pas encore le printemps, a dit la météo. Mais les weekends longs sont autant d’occasions pour les réunions de famille.

 

Weekend du premier mai. Il y a 3 jours je faisais ma fausse-couche dans les toilettes de mon amie Aliénor. Hier l’interne m’annonçait que j’allais enfin pouvoir passer à autre chose (11,3ui. J’écris 11,3 !!! avec trois points d’exclamation, m’a dit l’interne qui semblait aussi soulagée que moi).

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L’après-midi en banlieue

Votre taux stagne a annoncé l’interne pour la 7ème fois. On va vous prescrire du cytotec.

Je suis rentrée. J’ai appelé Jul en pleurant : je ne vais pas pouvoir te rejoindre à Paris comme prévu. Je vais rester seule avec mon cytotec et ma fausse couche. Prends ton médicament et vois comment tu te sens, m’a dit Jul. Peut-être que tu pourras prendre un train demain.

J’ai pris le cytotec. Jour 1 : j’ai mal mais ça va. Des douleurs de règles un peu plus prononcées que d’habitude. Je prends du doliprane, je gère.

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Le septième matin

Il y a eu les deux jours au milieu des oliviers -et du mistral. Deux jours pendant lesquels le vent n’a pas cessé de souffler, deux jours pendant lesquels Sol et Jul se sont un peu retrouvés.

Il y a eu le sixième réveil trop matinal en trois semaines. Et le sixième taux presque identique aux cinq autres.

Il y a eu les mots de l’interne. Peut-être que la grossesse n’est pas extra-utérine, peut-être que votre minibulle est bien placée depuis le début mais qu’elle a juste cessé son développement. Lundi, si le taux n’a pas baissé, on vous prescrira du cytotec pour provoquer la fausse couche.

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La squatteuse

MiniBulle s’accroche. MiniBulle est toujours là.

Sol devait reprendre le travail la semaine dernière, au bout d’une semaine de canapé et de solitude. Une reprise en douceur, quatre jours à peine avant les vacances. Mais MiniBulle et les médecins en ont décidé autrement, pas de travail tant que le taux ne descend pas, et Sol a repris le chemin du canapé.

MiniBulle est la championne du cache-cache. Les internes, le médecin, personne ne la trouve. Elle est trop petite, MiniBulle-la-minuscule. Seuls les taux montrent qu’elle est là, quelque part, toute petite et bien cachée dans un endroit trop petit pour pouvoir grandir.

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… et puis Demain

Passée la colère, passée la douleur, il reste la tristesse – il n’y aura pas de bébé en 2017. Il reste la frustration de n’avoir aucun embryon au congel. Et il reste l’envie d’aller de l’avant, de recommencer, de se battre, de gagner cette fois.

Retour à l’hôpital. Prise de sang, attente des résultats. Je commence à connaître toutes les internes du service PMA : celle de ce matin m’a fait les deux dernières échographies de la stimulation. Je suis soulagée que ce ne soit pas celle qui m’a annoncé la GEU lundi. L’échographie ne montre toujours rien hors de l’utérus, et le taux a commencé à baisser : 170 UI (il était de 180 lundi). Vous avez des questions ? Oui, plein. Merci d’avoir pris le temps d’y répondre, merci de m’avoir expliqué avec de grands gestes de vos bras pour mimer mon utérus et mes trompes. Merci d’avoir conclu si d’autres questions vous reviennent d’ici lundi, n’hésitez pas, envoyez un mail.

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Aujourd’hui

Je vais bien. Pas la moindre douleur au ventre, ou ailleurs. Pas la moindre perte de sang depuis le début de la stimulation en février. Le summum de la douleur a été atteint lorsque j’ai tiré d’un coup sec sur le pansement en haut de ma fesse gauche.

Je ne vais pas bien. Je suis seule, Jul est en déplacement pour 3 jours. Je suis en arrêt et je ne comprends pas pourquoi. Je n’ai pas mal et je ne comprends pas pourquoi. Je pleure pour un rien, une femme qui accouche dans une série stupide à la télé, le sms gentil d’une collègue qui a remarqué mon absence, un message de Jul qui me demande si tout va bien. J’ai du travail mais je traîne en pyjama devant la télé. J’ai du travail mais je traîne sur internet. J’ai dû parcourir toutes les entrées répondant à la requête GEU+méthotrexate. Plusieurs fois chacune.

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Hier

Vous raconter ma journée d’hier…

Arrivée à l’hôpital à 8h30. Pas mal d’appréhension. La sage-femme qui me fait la prise de sang est adorable. Il faut savoir que dans le service PMA, les sages-femmes sont toutes adorables, qu’elles ont élevé la bienveillance au rang d’art, et que plus elles vous sentent stressée plus elles se montrent gentilles et rassurantes. Autant vous dire qu’hier matin, la sage-femme était TRÈS gentille et TRÈS rassurante.

Après la prise de sang, la sage-femme m’envoie attendre dans le couloir, « à côté de la photocopieuse », l’interne viendra me chercher là. Elle me prévient que l’attente risque de durer un peu, il faut 1h environ pour avoir les résultats de la prise de sang. Heureusement, j’ai pensé à prendre un bon bouquin.

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S’attendre à la chute, et ne pas avoir vu la falaise

C’est un scénario bien rodé maintenant. Mettre le réveil 15 minutes plusieurs tôt, attendre devant les grilles l’ouverture du laboratoire, traverser la ville et arriver au collège juste à temps avant que ça sonne. Après une matinée de cours, éteindre mon téléphone pour ne pas être spoilée avant d’arriver à la maison

Je vais pas faire durer le suspens, le taux est tout petit : 177 UI. Il n’a même pas augmenté de 50% en 48h.

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Questions de multiplication

Ça doit doubler toutes les 48h. Pour le double de 48h, ça aurait dû quadrupler. Le calcul est facile.

121 UI. 2,5x le premier taux. 1,5x moins qu’espéré. Le calcul n’était pas difficile.

« L’interne vous rappelle d’ici 1/2 heure ». L’interne a rappelé 3/4 d’heure plus tard. 1,5x plus de temps, 4x plus de stress. Parfois le calcul est impossible.

« Tout va bien ? me demande l’interne, pas de mal de ventre, pas de saignements ? » Tout va bien. Alors on recontrôle jeudi. Et en attendant… en attendant on évite de trop calculer.

La peur, chapitre 2

Finalement j’étais sereine. Optimiste. Jeudi soir avant la prise de sang, vendredi matin au labo, vendredi après-midi, en attendant le retour de mon homme pour regarder ensemble les résultats. Je le sentais bien. Peut-être trop, j’avais un peu peur que la chute soit rude, mais cette peur-ci n’a pas entamé mon optimisme.

48 UI.

C’est positif. C’est positif mais ce n’est pas énorme.

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La trouille

J’ai la trouille. J’ai la pétoche, les boules, les foies, les jetons, les chocottes.

J’ai mal au ventre. Depuis le transfert, à intervalles plus ou moins réguliers. Dimanche, c’étaient des douleurs de règles franchement prononcées. Tellement convaincue que c’était foutu, j’ai passé la soirée à retenir des larmes.

Depuis hier, une douleur lancinante au dos s’est ajoutée aux douleurs de règles. Mais va savoir pourquoi, maintenant je suis convaincue que c’est un symptôme de grossesse. Tellement convaincue que ça me fait peur.

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FIV 1 : bulla jacta est

Elles sont deux. Deux minuscules Bulles d’espoir qui ont rejoint mon utérus ce matin, délicatement déposées là par la Dr B.

« Qualité insuffisante pour supporter la congélation ». Bulle n°2 sera de toute façon plus à l’aise au chaud dans mon utérus que dans une cuve d’azote.

Pourtant la gynécologue avait été catégorique : une seule Bulle, car Sol est jeune et en est à sa première tentative. Mais quand la biologiste a expliqué que c’était ça ou la poubelle pour Bulle n°2, Sol n’a pas hésité une seconde. J’ai toujours eu horreur du gaspillage.

Elles sont deux et seulement deux. Il n’y aura pas de petite Bulle glacée supplémentaire.

Comme Jul n’a pas pu venir ce matin, je lui ai téléphoné pour lui confirmer que nos Bulles étaient bien au chaud. Il m’a dit « j’espère qu’on n’aura pas des jumeaux maintenant. » Je n’ai rien dit. Mais quand il a raccroché, j’ai chuchoté à mes deux Bulles que j’espérais qu’elles s’installent toutes les deux.

FIV 1 : et mes émotions font du yoyo

Vendredi / J2 : 21 embryons. Dont « la moitié au moins » de jolis me rapporte Jul. Joie, euphorie. J’ai mal mais je suis sur un nuage.

Samedi / J3 : 5 embryons bien évolutifs (entre 7 et 12 cellules). Les autres sont « plus lents ». Je comprends au ton que « plus lents » ça veut dire bientôt hors course. Physiquement, je vais mieux, mais mon nuage a perdu de la hauteur. Pour la première fois depuis mercredi, je suis inquiète.

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FIV 1 : après la ponction

– le lovenox j’aime pas. J’arrive pas à me piquer toute seule avec ce truc, et Jul doit s’y reprendre à plusieurs fois pour enfoncer la seringue qui ne veut pas rentrer dans mon ventre, ça me fait des marques partout.

– le progestan j’aime pas non plus. Je savais pour l’avoir lu sur des blogs que ça allait me pourrir mes culottes, je m’attendais pas à en changer 2 fois par jour.

– je n’avais jamais réalisé à quel point chez moi le canapé est loin des toilettes. Chaque déplacement est une torture.

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